Ce n’est pas le papillon qui mange
Le mot mite désigne de petits papillons de nuit dont les chenilles, qu’on appelle aussi larves, se nourrissent de nos réserves ou de nos vêtements. Les papillons adultes de ces mites ne se nourrissent pas : ils vivent de une à quelques semaines selon l’espèce et la chaleur, le temps de s’accoupler et de pondre. Piéger les papillons sans chercher les chenilles ne suffit donc généralement pas.
Il faut surtout distinguer deux groupes, qui ne vivent pas au même endroit et ne se traitent pas de la même façon.
| Thème | Mite alimentaire | Mite des vêtements |
|---|---|---|
| Où on la voit | cuisine, placards à provisions | penderie, tiroirs, tapis |
| Le papillon | 8 à 10 mm, ailes grises près du corps et cuivrées au bout | 6 à 8 mm, beige doré uni |
| Ce que mange la chenille | farine, céréales, riz, fruits secs, chocolat, croquettes | laine, soie, cachemire, plumes, fourrure |
| Le signe | fils de soie, grains collés, petites chenilles blanches | trous dans la laine, fils de soie dans les plis |
| Elle vole | volontiers, vers la lumière | peu ; elle court et se cache plutôt |
Les mites alimentaires
La plus fréquente est la pyrale indienne de la farine (Plodia interpunctella). Ses chenilles, blanc crème, tissent des fils de soie qui collent les grains en petits amas. On les trouve aussi en haut des murs et au plafond, où elles grimpent pour se transformer en papillon.
La méthode tient en peu de mots : trouver le ou les paquets d’origine, les jeter dans un sac fermé, vider entièrement le placard, l’aspirer dans tous les recoins (trous de vis des étagères compris), le laver, puis ranger les denrées ouvertes dans des bocaux qui ferment bien. Le pas à pas est sur la page Mites alimentaires.
Les mites des vêtements
La teigne des vêtements (Tineola bisselliella) pond sur les fibres animales, surtout quand elles portent des traces de sueur ou de nourriture. Ses chenilles creusent des trous ronds dans la laine et la soie ; le coton et les fibres synthétiques les intéressent peu, sauf mélangés à de la laine ou très souillés.
Les vêtements touchés se lavent à la température la plus haute que permet l’étiquette, ou passent quelques jours au congélateur. La penderie s’aspire à fond, coins et plinthes compris, et l’on ne range plus que des vêtements propres, dans des housses fermées. Le détail est sur la page Mites des vêtements.
Les autres bêtes des provisions
Le charançon du riz, un minuscule coléoptère brun foncé reconnaissable à son long museau, pond à l’intérieur même des grains entiers : riz, blé, maïs ; on le trouve aussi, adulte, dans les pâtes et la semoule. Le ver de farine, jaune et brillant, est la larve d’un coléoptère, le ténébrion. Les dermestes et les anthrènes sont de minuscules coléoptères dont les larves, brunes et très poilues, se nourrissent de matières d’origine animale : laine, tapis, plumes, peaux, mais aussi certaines provisions et les insectes morts accumulés sur les rebords de fenêtres.
La méthode reste la même : trouver la source, jeter, nettoyer, ranger fermé. Une denrée achetée dont on doute peut passer une semaine au congélateur, à -18 °C, avant d’être rangée.
Empêcher le retour
Une fois le placard nettoyé, quelques habitudes suffisent à ne plus revoir les mites. Les provisions entamées vont dans des bocaux en verre ou des boîtes hermétiques : un sachet en papier ou un paquet en carton refermé avec une pince n’arrête pas une jeune chenille, qui passe par les plis. Les achats en vrac et les grandes réserves sont ceux qui posent le plus de problèmes : mieux vaut de petites quantités, consommées vite.
Pensez aussi aux réserves qu’on oublie : la boîte de croquettes du chat au garage, les graines pour les oiseaux, les fruits secs de Noël au fond du placard, les épices. Ce sont souvent elles qui relancent une infestation qu’on croyait finie.
Côté penderie, les vêtements en laine se rangent propres à la fin de l’hiver, dans des housses fermées, et se sortent, s’aèrent et se secouent de temps en temps. Les mites des vêtements aiment l’obscurité et le calme : une penderie qu’on ouvre et qu’on aspire régulièrement les intéresse peu.
Pendant les semaines qui suivent le nettoyage, un piège à phéromones posé dans le placard dit si des papillons volent encore. S’il reste vide plusieurs semaines, c’est bon signe, sans être une preuve : il n’attire que les mâles d’une espèce donnée. Continuez à inspecter de temps en temps les denrées et les lainages.
Questions fréquentes
D’où viennent les mites alimentaires ?
Le plus souvent d’un paquet acheté déjà touché : farine, céréales, fruits secs, nourriture pour animaux. Les œufs et les jeunes chenilles sont trop petits pour être vus au magasin.
Peut-on manger un aliment touché par des mites ?
Il vaut mieux le jeter : les chenilles, leurs déjections et leurs fils de soie le souillent, et le garder entretient l’infestation.
Les pièges à mites suffisent-ils ?
Non. Ils n’attirent que les papillons mâles et servent surtout à repérer et surveiller. Trouver et jeter la source, puis nettoyer, reste indispensable.
