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Gravure de la rubrique Cafards, fourmis

Cafards, fourmis et bêtes qui courent dans la maison

On allume la lumière de la cuisine et une bête brune file sous le frigo. Le lendemain, une colonne de fourmis monte vers le sucrier. Ces bêtes qui courent n’ont pas les mêmes raisons d’être là, et ne partent pas de la même façon.

Les blattes, ou cafards

Le mot cafard désigne plusieurs espèces de blattes. Dans les cuisines françaises, la plus fréquente est la blatte germanique : brun clair, 1 à 1,6 centimètre, avec deux bandes sombres sur le bouclier qui couvre son thorax, juste derrière la tête. Elle vit la nuit, près de la chaleur et de l’humidité : derrière le réfrigérateur, sous l’évier, dans les moteurs d’appareils.

La blatte orientale est plus grosse, 2 à 2,7 centimètres, presque noire et brillante. Elle préfère les endroits frais et humides : caves, canalisations, rez-de-chaussée. La blatte américaine, encore plus grande et roux brillant, se rencontre surtout dans les grands immeubles chauffés et les réseaux d’égouts.

Et puis il y a le cafard de jardin, une petite blatte des bois du genre Ectobius, qui entre l’été par une fenêtre ouverte. Elle ne s’installe pas dans les maisons et ne s’y reproduit pas ; il suffit de la remettre dehors.

Une blatte de passage ou une colonie installée ?

Une seule blatte vue un soir ne dit pas grand-chose : elle a pu arriver avec un carton ou par une canalisation. Ce qui montre qu’une colonie vit chez vous, ce sont les traces, à chercher le soir, lampe en main, derrière le réfrigérateur, sous l’évier, dans les charnières des placards et autour des appareils chauds (four, lave-vaisselle, box internet).

  • Des points noirs comme du poivre moulu ou du marc de café, dans les tiroirs et les angles : ce sont leurs déjections.
  • De petites capsules brunes en forme de porte-monnaie, les oothèques, qui contiennent les œufs : la blatte germanique porte la sienne au bout de l’abdomen presque jusqu’à l’éclosion, la blatte orientale la dépose dans un recoin.
  • Des peaux vides, translucides, laissées par les jeunes qui grandissent.
  • Une odeur grasse et un peu sucrée dans un placard fermé, quand elles sont nombreuses.
  • Des blattes vues en plein jour : signe que les cachettes sont pleines et qu’elles sont déjà beaucoup.

Des traces fraîches et nombreuses montrent le plus souvent qu’une colonie est installée (d’anciennes déjections peuvent dater d’un précédent locataire) : mieux vaut alors agir tout de suite, avant qu’elle ne gagne les autres pièces. Sans aucune trace, une surveillance de quelques soirs suffit.

Contre les blattes, pas à pas

  • Retirez ce qui les nourrit : miettes, gamelle du chat la nuit, sacs de croquettes ouverts, poubelle sans couvercle. Rangez les denrées dans des boîtes qui ferment.
  • Coupez l’eau : réparez la fuite sous l’évier, essuyez l’évier le soir, remettez de l’eau dans les siphons des pièces peu utilisées.
  • Bouchez les passages autour des tuyaux et des gaines avec du mastic.
  • Posez un gel appât autorisé, en petites gouttes, dans les recoins où vous avez vu des traces, jamais sur une surface où l’on prépare à manger et toujours hors de portée des enfants et des animaux, en suivant la notice ; ne pulvérisez pas d’aérosol à côté, il ferait fuir les blattes loin de l’appât.
  • Contrôlez à la lampe après deux semaines, puis après un mois, et renouvelez les gouttes mangées.

Les fourmis

La fourmi qu’on trouve le plus souvent dans les cuisines est la fourmi noire des jardins, 3 à 5 millimètres. Son nid est dehors, sous une dalle ou dans une pelouse ; les ouvrières entrent par une fissure, un joint de fenêtre ou un passage de tuyau, attirées par le sucre.

Elles avancent en file parce que chaque ouvrière suit une piste odorante déposée par les éclaireuses. Effacer cette piste à l’eau savonneuse désorganise la colonne ; trouver et boucher l’entrée règle une bonne partie des invasions. Pour aller plus loin : Fourmis dans la maison.

  • Essuyez la file à l’eau savonneuse pour effacer la piste odorante, et retirez tout ce qui est sucré ou gras à leur portée.
  • Suivez la colonne jusqu’à l’endroit où elle entre : fissure, joint de fenêtre, plinthe, passage de câble.
  • Bouchez l’entrée au mastic ou au silicone ; c’est souvent suffisant pour la fourmi noire des jardins.
  • Si elles reviennent, posez un appât à fourmis sur leur passage et, cette fois, ne nettoyez pas la piste : les ouvrières doivent rapporter l’appât au nid. Comptez une à deux semaines.

Deux fourmis demandent plus d’attention. La fourmi pharaon, minuscule et jaune-roux, vit dans les immeubles chauffés toute l’année ; un insecticide en bombe la fait se disperser en plusieurs nids, il faut des appâts lents ou un professionnel. La fourmi charpentière, grosse et noire, creuse surtout du bois humide ou déjà abîmé, sans le manger : un petit tas de sciure fine sous une poutre doit faire chercher une fuite.

Les fourmis volantes qui apparaissent par dizaines un jour chaud et orageux de l’été sont les mâles et les futures reines d’une colonie qui s’envolent pour s’accoupler. Le phénomène dure quelques heures. S’il se produit à l’intérieur, loin de toute fenêtre ouverte, cela peut indiquer un nid dans les murs ou sous le sol, à faire inspecter.

Les autres bêtes qui courent

Le poisson d’argent, allongé, argenté, sans ailes, file le long des plinthes de la salle de bain. Il est inoffensif et préfère les pièces humides. Le cloporte, gris et bombé comme une petite armure, est en réalité un crustacé : il cherche l’humidité et entre par le bas des portes. Le perce-oreille, reconnaissable aux pinces au bout de son corps, arrive avec les fruits du jardin ; il peut pincer légèrement si on le saisit, sans danger.

Poissons d’argent et cloportes disent surtout une chose : la pièce est humide. Les voir de temps en temps n’appelle aucun produit ; en voir chaque soir doit faire chercher la source d’humidité (fuite, joint, ventilation bouchée, mur froid). Aérer chaque jour, réparer et faire baisser l’humidité de l’air sous 60 % suffit en général à les faire partir en quelques semaines.

La scutigère, ce mille-pattes aux très longues pattes qui traverse le mur de la salle de bain à toute vitesse, impressionne. Elle chasse pourtant blattes, poissons d’argent et araignées ; elle mord très rarement, si on la saisit, et sa morsure, comparable à une piqûre d’abeille légère, reste en général bénigne.

Dans un immeuble

Les blattes passent d’un appartement à l’autre par les gaines techniques, les vide-ordures et les canalisations. Traiter un seul logement d’un immeuble infesté donne souvent un répit de quelques semaines, puis elles reviennent. Si vous en voyez régulièrement, prévenez le syndic ou le bailleur par écrit : un traitement coordonné des logements touchés et des parties communes (gaines techniques, local poubelles, caves), avec la réparation des fuites, marche bien mieux que des traitements isolés.

Ce qui fait venir ces bêtes

Blattes et fourmis cherchent surtout de la nourriture, de l’eau et des cachettes. Les miettes sous le grille-pain, la gamelle du chat laissée la nuit, une fuite sous l’évier, un joint de carrelage ouvert : chacune de ces petites choses compte plus que le ménage du dimanche. Une maison propre peut avoir des blattes, si l’immeuble en a ; elle les garde moins longtemps.

Questions fréquentes

Avoir des cafards veut-il dire que la maison est sale ?

Non. Les blattes arrivent souvent avec des cartons, des appareils d’occasion ou par les gaines d’un immeuble. Une cuisine propre et sèche les empêche surtout de prospérer.

Qu’est-ce qu’un cafard de jardin ?

Une petite blatte des bois qui entre l’été par les fenêtres. Elle ne se reproduit pas dans les maisons et disparaît d’elle-même ; il suffit de la remettre dehors.

Comment se débarrasser des fourmis naturellement ?

Effacez leur piste à l’eau savonneuse, retirez tout ce qui est sucré, puis trouvez et bouchez l’endroit par où elles entrent. C’est ce qui marche le mieux, avant tout produit.